Calendrier NIS 2 en France : où en est la loi
La directive devait être transposée avant le 17 octobre 2024. Deux ans plus tard, et après la saisine de la Cour de justice par la Commission européenne, la loi française devait arriver en séance à l’Assemblée nationale les 7 et 9 octobre 2026 ; elle a été retirée de l’ordre du jour le 6 octobre, sans nouvelle date ; le 13 octobre, le gouvernement disait encore espérer la réinscrire, et l’ordre du jour prévisionnel arrêté le 20 octobre, qui court jusqu’au 17 novembre, ne la prévoit pas. Voici ce qui est acquis, ce qui ne l’est pas, et ce qu’une entreprise engage sans attendre.
Les étapes
- 16 janvier 2023
- 15 octobre 2024
- 17 octobre 2024
- 12 mars 2025
- 7 mai 2025
- 10 septembre 2025
- 17 mars 2026
- 8 juillet 2026
- 22 septembre 2026
- 6 octobre 2026
- 13 octobre 2026
- 20 octobre 2026
- 27 octobre 2026
- Réinscription à l'ordre du jour
- Après promulgation
Ce qui est stable, ce qui ne l’est pas
Stable : le périmètre — les secteurs et les seuils de taille viennent de la directive et ne changeront pas ; les mesures attendues — le ReCyF de l’ANSSI les décrit en objectifs concrets depuis mars 2026 ; la notification d’incident en 24 h, 72 h et un mois ; la responsabilité de la direction ; la sécurité de la chaîne d’approvisionnement.
Pas encore stable : la date à partir de laquelle le délai court, les modalités d’enregistrement, le détail des sanctions applicables en France, et les décrets qui fixeront les référentiels opposables. Tout article qui vous donne une date de conformité précise pour 2026 ou 2027 l’invente.
Ce qu’on engage sans attendre
Savoir si l’on est concerné, directement ou comme fournisseur : le simulateur répond en trois questions. Mesurer où l’on en est sur les objectifs du référentiel : le diagnostic en huit questions donne le point de départ. Préparer la notification d’incident, la seule obligation qui ne s’improvise pas le jour venu : les délais et la marche à suivre. Et constituer le dossier de preuves au fil de l’eau, plutôt qu’en urgence quand la date tombera.
Pour situer NIS 2 par rapport aux autres cadres : NIS 2 ou ISO 27001, et DORA et NIS 2 pour les prestataires du secteur financier.
Y a-t-il une date limite de conformité NIS 2 en France ?
Non, pas encore. Le texte n'a toujours pas été examiné en séance à l'Assemblée nationale : son inscription des 7 et 9 octobre 2026 a été retirée le 6 octobre. Il reste la séance, la commission mixte paritaire, la promulgation, puis les décrets. Tant qu'ils ne sont pas publiés, aucune échéance n'existe en droit français. Ce qui existe : la directive, le référentiel de l'ANSSI, et l'annonce par l'ANSSI d'un délai d'au moins trois ans avant d'exiger une conformité complète.
Faut-il attendre le vote pour commencer ?
C'est le calcul le plus risqué : le texte peut revenir en séance dès qu'une fenêtre s'ouvre entre les textes budgétaires, et le gouvernement dit espérer le réinscrire. Le contenu des obligations est connu depuis mars 2026 avec le ReCyF, et une mise en conformité prend des mois. Ce qu'on engage maintenant, c'est ce qui sera prêt le jour où la date tombe. Le périmètre, lui, ne bougera pas : il vient de la directive — dix-huit secteurs, de l'ordre de quinze mille entités en France contre cinq cents sous NIS 1.
Peut-on déjà s'enregistrer auprès de l'ANSSI ?
L'ANSSI a ouvert un espace de pré-enregistrement, MonEspaceNIS2, qui permet de vérifier si l'on est concerné et de se faire connaître. L'enregistrement formel deviendra obligatoire avec la loi ; devant le Sénat, le 17 décembre 2024, le directeur général de l'ANSSI tablait sur environ six mois après l'entrée en application pour l'enregistrement et la notification des incidents, les exigences sans investissement venant avant les autres.
Et pour un fournisseur d'une entité concernée ?
Il n'attend rien de la loi : ses clients concernés préparent déjà leur chaîne d'approvisionnement et envoient leurs questionnaires. Pour lui, l'échéance est commerciale, pas légale, et elle est déjà là.